Réformer les modèles économiques de la documentation scientifique
Jeudi 29 janvier 2009 par François CAVALIER |Les relations entre les grands fournisseurs d’information scientifiques que sont les grands groupes éditoriaux (Elsevier, Springer, Thomson…) deviennent plus tendues du fait de la continuelle progression du prix des abonnements en ligne et de la rigidité des modèles économiques. En effet, le modèle dominant consiste à proposer l’abonnement à des bouquets de revues (« bundle ») dans lequel le client ne peut opérer aucune sélection; dans ce « Big deal », le prix du bouquet est calculé à partir du chiffre d’affaires des abonnements papier de l’institution dans une année « n ». A partir de là, un système de coefficients s’applique pour rémunérer l’accès à ce bouquet électronique en plus du chiffre d’affaire de référence. Ce calcul évolue avec une progression annuelle négociée entre 5 et 7% d’une manière générale.
Ce modèle est largement dénoncé aujourd’hui par l’ensemble de la communauté académique. Il prive le client de toute sélection en lui imposant de payer l’accès à des revues dont il n’a pas l’usage. Il fige la rémunération de ce nouveau mode d’accès à l’information sur le modèle économique de l’imprimé alors que l’économie du numérique est radicalement différente.
L’ICOLC, International Coalition of Library Consortia, fédération des consortiums de bibliothèques qui négocient l’accès aux ressources numériques payantes, dénonce ce système dans la déclaration publique ci-jointe. C’est la première fois que les bibliothèques prennent l’initiative d’une démarche publique aussi tranchée pour dénoncer ce système. Cette situation devrait nous encourager à développer le mouvement des archives ouvertes qui constitue une manière de réappropriation de l’accès à la production scientifique par ceux qui en sont les auteurs.
