From Multiculturalism to Integration

30 mai 2011 par lucieberaudsudreau

Seminar « Anti-discriminatory policies » / Séminaire « Politiques anti-discriminatoires »

Session: Monday June 27, 2011, 4:30 – 7:00 pm.

Conference room (ground floor), at the 56, rue Jacob, 75007.

Speaker: Richard Thompson Ford (Stanford Law School): “From Multiculturalism to Integration: Another Look at the Headscarf and ‘Statistiques Ethniques’ Controversies”

Discussants: Valérie Amiraux (Montreal University) and Magali Bessone (Rennes 1 University).

Presidency : Daniel Sabbagh (Sciences Po/CERI).

Richard Ford’s intervention will rely on the following text: Headscarves, Hairstyles and Culture as a Civil Right: a critique.

This text belongs to the program « Égalité des chances » of the French-American Foundation (New York) and Sciences Po.

Please find below a summary of the text in French:

La controverse du foulard en France et dans quelques autres pays a été suivie avec intérêt dans le monde entier et a suscité de nombreuses critiques formulées au nom de la liberté de religion. Pour beaucoup de commentateurs américains, les nations européennes, et la France en particulier, devraient s’aligner sur l’approche américaine, celle du droit à l’« accommodement » (accommodation), c’est-à-dire à des aménagements dérogatoires des lois et règlements en faveur des pratiques religieuses spécifiques des minorités. Mais ces censeurs grossissent la place (modeste) de l’accommodement dans le droit américain de l’égalité et manquent d’impartialité dans leur rejet des préoccupations qui ont motivé l’interdiction du port de symboles religieux apparents. En réalité, l’expérience américaine de l’accommodement comme droit du citoyen, notamment en matière de différence culturelle, justifie pour une large part les inquiétudes françaises. Bien souvent, les pratiques prétendument « authentiques » d’une minorité sont en fait imposées par ses fractions dominantes aux autres membres du groupe, qui préféreraient exprimer de façon moins ostentatoire ou moins traditionnelle leur identité raciale, ethnique ou religieuse. Dans ces cas-là, l’accommodement renforce le pouvoir exercé sur le groupe par ces dominants. Il risque aussi de favoriser les formes les plus porteuses de division sociale et les moins « libérales » de la culture d’une minorité, puisque ce sont précisément ces formes (quelle que soit la culture concernée) qui seraient interdites ou réprimées en son absence.

Les partisans de l’accommodement religieux et culturel comme composante de l’égalité des droits affirment qu’il est le seul moyen de traiter la discrimination cachée et systémique. Mais la recherche et la mise en œuvre de politiques propres à accélérer l’heureuse intégration des minorités dans les institutions de la société majoritaire sont un bien meilleur moyen de combattre les inégalités. Il conviendrait notamment de collecter et d’exploiter – de manière prudente et réfléchie – des statistiques ethniques, raciales et religieuses en vue de développer des politiques d’intégration et d’éradiquer la discrimination qui bloque l’ascension sociale des minorités. Ces statistiques, à condition de prendre garde aux risques d’atteinte à la vie privée et de réification des différences « raciales » ou autres, constitueraient un instrument puissant au service de l’égalité des chances et de l’intégration des minorités.

 
 
 

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