La recomposition des politiques économiques et sociales de l’État

7 mai 2011 par Francesca ARTIOLI

Jonah D. Levy

Département de science politique, Université de Californie à Berkeley

Au cours du dernier quart de siècle, l’orientation fondamentale de la politique économique a changé ; l’État ne cherche plus à orienter ou à piloter le marché, mais à le soutenir et à l’étendre. Qu’est-ce que cela implique pour lui ? Le débat habituel porte presque exclusivement sur les défis que représentent la libéralisation, la mondialisation et les mutations technologiques pour les formes d’action publique de l’après-guerre : l’État peut-il défendre ses anciennes prérogatives ou devra-t-il battre en retraite ? Ce débat est important, mais il ne suffit pas. Il y manque une réflexion sur les nouvelles activités sociales et économiques de l’État accompagnant la libéralisation économique et la mondialisation. L’article tente de combler cette lacune en présentant quatre nouvelles missions de l’État liées à l’évolution libérale : 1) redresser les dysfonctionnements des trois principales variétés de capitalisme (libéral, corporatiste, étatiste) ; 2) rendre les marchés du travail et les systèmes de protection sociale plus favorables à l’emploi ; 3) refondre les cadres législatifs et réglementaires pour permettre aux économies nationales de prendre les grands tournants économiques et technologiques de notre époque (du fordisme au post-fordisme, du mécanique au numérique, du capitalisme de gestion au capitalisme d’actionnaires, ou financier) ; 4) renforcer la concurrence commerciale dans l’industrie et les services, à l’intérieur et à l’international. Les deux premières missions sont de nature essentiellement corrective – il s’agit de redresser certaines dérives apparues au fil du temps – tandis que les deux dernières sont constructives, puisqu’elles posent les fondations de la croissance future. Toutes ces missions dépendent étroitement de la capacité d’innovation de l’État, car il s’agit d’inventer les politiques et les règles d’un nouveau monde de concurrence. En ces temps de néo-libéralisme triomphant, le développement économique et celui de l’État restent indissolublement liés.

Working paper (PDF)

 
 
 

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