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Recherches sur les élections et le vote (REV)

 

Recherches sur les élections et le vote (REV)

Centres de recherche leaders  : Centre d’études européennes, CEVIPOF

Autres centres de recherche impliqués : CDSP, CERI, CHSP, Département d’économie, OSC, LIEPP, Médialabainsi que les réseaux OPALC et Gevipar.

Coordinateurs scientifique : Flora Chanvril et Nicolas Sauger

Introduction

Le projet REV vise à  créer un pôle d’activités créant des liens entres les différentes capacités de recherche électorales existantes à Sciences Po : champs d’expertise, méthodes, projets, réseaux, archives…

En effet, le développement récent des problématiques abordées et des méthodes utilisées invite à créer une synergie entre les différentes ressources et projets, afin qu’ils s’enrichissent mutuellement et permettent in fine de constituer une masse critique très visible à l’international.

Faire fructifier 150 ans d’études électorales, s’adapter aux évolutions, regrouper nos forces

Dès sa création, Sciences Po – à l’époque Ecole libre des sciences politiques – a développé une importante activité d’études électorales, notamment grâce à l’œuvre d’André Siegfried, qui a jeté, à la fin du XIXème siècle, les bases de la géographie électorale française. Sciences Po est ainsi rapidement devenue la référence nationale en la matière.

A partir des années 60, cette renommée s’est incarnée dans le CEVIPOF. Sera ensuite créé le Centre de données socio-politiques dont la principale fonction est de mettre à disposition des données d’enquêtes sur les attitudes politiques, les valeurs et le fait régional. On peut aussi citer d’importants travaux du Centre d’histoire sur la vie politique française. Nous bénéficions donc d’un capital important : sondages réguliers depuis 1988 sur la France, implication au niveau des études sur les élections européennes, banques de données des résultats électoraux, expertises.

Dans le même temps, nous constatons  que l’expertise électorale se présente aujourd’hui dans une configuration plurielle, non seulement du fait du développement des entités de recherche à l’intérieur de la Fondation mais aussi du fait de la diversification des expertises, des angles d’approche et des zones d’intérêt. En effet, si les études électorales françaises restent au cœur de nos activités, il est nécessaire de renforcer les  démarches comparatives et de consolider les études électorales nouvellement conduites sur l’Europe, l’Asie et les Amériques.

De plus, grâce à cette montée en puissance des études électorales sont apparus de nouveaux besoins, tels que la nécessité de rendre plus cohérentes les séries temporelles, de mieux documenter les données contextuelles et de campagne…

REV est donc conçu à la fois comme une infrastructure de recherche, visant à assumer la coordination de projets transversaux et permettant la constitution d’instruments communs  et comme un centre de ressources, ayant vocation à susciter et à accompagner de nouveaux projets. Au total, REV vise la mise en commun des questionnements, des méthodes et des savoirs. REV ambitionne aussi de renforcer la diffusion des travaux électoraux, qu’il s’agisse de les publier ou de les enseigner.

Quelques exemples

Il serait vain de prétendre résumer l’ensemble des recherches électorales conduites à Sciences Po.  A titre illustratif, nous présentons ici quatre thèmes emblématiques des recherches auxquels REV, par sa transversalité – pourra apporter un soutien conséquent.

–          La dynamique des campagnes électorales. Les questionnements se dessinent en particulier autour de la dynamique des enjeux d’une campagne (évolution de l’agenda, luttes de cadrage, valence et ownership,…) et de ses effets sur les opinions et la mobilité électorale. Les instruments développés à Sciences Po au cours des dernières années (panels, analyse des agendas médiatiques, extractions des dynamiques d’opinion à partir des données web,…) doivent permettre de constituer un véritable pôle d’expertise en la matière.

–          Front National et extrême droite en France et en Europe. De part l’expérience historique française, nos chercheurs ont activement contribué à comprendre, au niveau européen, la réémergence d’une extrême droite nationale et populiste. Là encore, le croisement de différents instruments et de différentes échelles (locale, nationale, et européenne) doit nous permettre de renforcer une contribution déjà significative.

–          Intégration européenne et élections. De l’impact de l’enjeu européen sur les décisions de vote aux effets indirects de l’intégration européenne sur les attitudes et les valeurs des citoyens, les débats sont aujourd’hui nombreux à l’échelle européenne.

–          Justice et sincérité des consultations électorales. Il s’agit ici d’étudier des problèmatiques qui se posent tout autant autour des élections tenues dans des démocraties récentes telles que la Russie ou des pays d’Amérique latine) que celles tenues dans les démocraties établies  :  fraude électorale, transparence, biais partisan etc…

Les grands axes de production de REV

1. Structurer les French National Election Studies (FNES)

La pérennisation d’une « étude électorale française » intégrée est la tâche prioritaire de ce programme. A partir de l’expérience des enquêtes du CEVIPOF, de Triélec, et des diverses enquêtes menées en 2012, il s’agit de consolider les bases scientifiques de ce programme et d’en assurer le financement. Ce programme FNES ne saurait se limiter à un simple sondage. Il devra intégrer une dimension longitudinale forte ainsi qu’un dispositif d’observation de la campagne électorale. Plusieurs de ces éléments ont déjà été mis en place, au travers du réseau Triélec ou au CEVIPOF, au travers du Panel Electoral Français 2002 et 2007, ainsi que de l’enquête Présidoscopie en 2012. C’est l’intégration de ces différentes initiatives et leur systématisation qui est ici visée notamment pour l’échéance des élections de 2017, avec en parallèle une meilleure documentation du contexte de campagne (programmes des partis, discours et débats, agenda médiatique,…). La mise en place du panel Elipss de l’Equipex DIME-SHS pourra devenir un des éléments centraux de ce nouveau dispositif. Un dispositif qualitatif sera également partie intégrante de ce programme d’enquêtes. Ce programme français sera intégré dans des dispositifs comparatifs au niveau européen et international (Consortium for European Research with European Studies –CERES–, Comparative Study of Electoral Systems –CSES– notamment).

 

2. Contribuer à la constitution d’une grande archive électorale internationale.

Si de nombreuses archives électorales existent en France comme à l’international, celles-ci restent la plupart du temps incomplètes et partielles. Le but est ici de s’inscrire dans la démarche de mise en réseau des données, notamment initiée en Europe par le Council of European Social Science Data Archives (CESSDA). Cela passe d’abord par la consolidation d’une archive électorale française, incluant les résultats de l’ensemble des consultations électorales, ainsi que des données complémentaires sur le contexte institutionnel (système électoral, informations sur la règlementation des campagnes électorales,…), sur le personnel politique (biographies des candidats et élus), sur le contexte économique et social. Les bases existantes (Eden, bases CDSP, données Caramani,…) pourront être ainsi consolidées, vérifiées, et complétées. D’un point de vue comparatif et international, les bases de données existantes à Sciences Po (par exemple celle de l’OPALC sur l’Amérique du Sud) pourront être intégrées dans une architecture commune, et rendues compatibles avec les grands projets comparatifs.

Les activités de coordination

1. Organisation d’un séminaire régulier sur les questions électorales.

Un séminaire mensuel  a pour but de servir de lien entre les différentes équipes. Il accueillera des contributions de ses membres, des doctorants associés et comprendra un programme d’invitations internationales.

2. Coordination et réflexion prospective sur les publications. REV a notamment vocation à soutenir un effort plus soutenu de publications internationales, sur des projets propres ou en collaboration. La continuité de la politique éditoriale des Presses de Sciences Po et la présence dans des revues comme Electoral Studies ou des collections comme Oxford University Press – CSES seront encouragées.

3. Coordination et aide à la constitution de projets de recherche innovants. REV vise aussi à aider ses membres à constituer de nouveaux projets de recherche. Par la coordination et la coopération entre ses membres, de nouvelles équipes pourraient être ainsi constituées pour maximiser les chances de réussite.

4. Coordination et réflexion prospective sur l’enseignement et la formation dans le domaine électoral. Que ce soit à destination des étudiants de premier cycle, des masters, des doctorants, ou de la formation continue, REV pourra constituer un moteur pour la réflexion sur une nouvelle offre tant en interne à Sciences Po que vers un public plus large, y compris international.

5. Valorisation, expertise et communication grand public. La demande des journalistes sont très nombreuses dans le domaine électoral. REV a pour but de mieux répondre à cette demande, d’une part en structurant ses rapports avec les grands médias (partenariats) et d’autre part en anticipant les demandes, par la production de courtes notes ou d’un blog sur les éléments clé de l’actualité. REV entend également développer une expertise plus spécifique en direction des pouvoirs publics, des acteurs politiques et des grands acteurs internationaux autour de la question de la qualité des processus électoraux (incitations à l’inscription et à la participation, design électoral, surveillance des possibilités de fraude, possibilité de certification et organisation d’arbitrage,….).

 

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