Les projets 2011-2012

Écrire le Campus Quartier Latin

Alors qu’il constitue sans doute un des plus grands campus du monde, le Quartier latin apparaît paradoxalement comme un lieu essentiellement touristique, voire folklorique. Devant cette contradiction, le projet, qui associe des étudiants de SPEAP et du post-diplôme Écrire la ville de l’EnsadLab (Ensad de Paris), a pour objet de déterminer dans un premier temps la singularité de ce quartier : Quels sont ses habitants ? Quelles sont leurs pratiques ? Dans quels lieux, dans quelles ambiances ? Quel espace de savoirs dessine-t-il, voire invente-t-il ? Les enquêtes se prolongeront dans un second temps dans des expérimentations diverses, évaluées à l’aune de leur capacité à valoriser les éléments constitutifs du « Campus Quartier Latin », mais aussi à devenir à leur tour des stimulateurs de production et d’échanges de savoirs.

 

Les biffins de Belleville

Depuis quelques années, un marché « de biffins » s’est installé dans le quartier de Belleville, à Paris, rassemblant désormais plusieurs centaines de vendeurs. Cette présence est vivement contestée par certains élus et riverains, qui ont assisté à la dégradation rapide de la vie de quartier, des conditions d’hygiène, de déplacement, de sécurité et de tranquillité. Les tensions se sont cristallisées et la situation semble aujourd’hui dans une impasse politique et collective dans laquelle les échanges et l’écoute entre élus, riverains et défenseurs des biffins, ne semblent plus possibles. Pour renouer le dialogue, il apparaît nécessaire d’inventer une nouvelle forme de représentation de la controverse qui puisse être acceptée par les différents acteurs. C’est ce sur quoi les étudiants de SPEAP travaillent.

 

Nouveaux commanditaires Sciences

La Fondation de France, en collaboration avec la Fondation AXA, a commandé à SPEAP une étude exploratoire sur l’adaptation au domaine scientifique du modèle des Nouveaux commanditaires, développé pour reconstituer le lien entre la demande d’art de citoyens et l’offre de la création artistique contemporaine. Il s’agit notamment de voir comment le rôle du « médiateur », tel qu’imaginé dans la procédure des Nouveaux commanditaires, peut servir d’interface entre les scientifiques d’une part et les politiques et citoyens d’autre part. L’étude portera notamment sur l’analyse de cas réussis et ratés dans les deux domaines. Intéressé par le projet, dans le cadre de sa politique de « science participative » dirigée par Patrick Degeorges, le ministère de l’Écologie apportera également des études de cas et propositions de terrains.

 

Ville d’Épinay

Située au nord de Paris, la municipalité d’Épinay-sur-Seine s’est engagée dans un Agenda 21 et a sollicité SPEAP pour l’accompagner. Adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio, en 1992, cette démarche vise à mettre en œuvre un programme d’actions en faveur d’un développement durable, responsable et solidaire, notamment au niveau des collectivités territoriales. Elle prévoit d’associer à son élaboration les habitants, organisations locales et entreprises privées, afin de permettre une meilleure appropriation des problématiques et des solutions, une prise en compte des points de vue des populations et leur mobilisation. C’est en particulier sur cette dimension participative que travaillent les étudiants de SPEAP, ainsi que sur les conditions d’élaboration d’un diagnostic territorial pertinent.

 

Les morts de la rue

Le collectif Les Morts de la Rue est une association créée en 2002, dont la fonction principale est de recenser, accompagner et célébrer les morts de la rue. Parce qu’il n’a pas pour fonction quotidienne de parer à ce qui semble le plus pressé, abriter les sans-abri, il peut et se doit d’adopter un point de vue plus distancié sur la question du « mal-logement ». Tentes de sans-abri et campements de fortune se multiplient aujourd’hui sur le territoire français, et des actions militantes en faveur d’un « droit au logement » s’organisent en conséquence, implorant la construction massive de logements sociaux.  En contrepoint, des architectes se réunissent pour défendre l’idée que chacun s’avère un stimulateur légitime du développement urbain. Ainsi s’agit-il non pas de prier pour qu’adviennent des solutions, mais de créer les conditions de l’invention de réponses d’habitat. Les étudiants de SPEAP travaillent au croisement de ces questions et à leur visibilité publique.