Capitalismes émergents : économies politiques comparées par François Bafoil

Capitalismes émergents
Économies politiques comparées, Europe de l’Est et Asie du Sud-Est
François Bafoil
Presses de Sciences PoLes pays qui ont rompu avec le colonialisme ou le communisme inventent de formes nouvelles de capitalisme : prébendier, d’État socialiste, libéral, post-colonial et, plus rarement, de marché. Malgré l’absence d’institutions et de sources de développement endogènes, ils tirent leur force de l’ouverture de leur marché aux investissements étrangers – ouverture conditionnée par des négociations avec les ensembles régionaux que sont l’UE et l’Asean.
Comparant plusieurs trajectoires nationales en Europe de l’Est et en Asie du Sud-Est à différentes périodes de l’histoire, cet ouvrage examine les interactions entre le marché, la bureaucratie et les formes de domination politique. Il montre comment se construisent les marchés économiques sous l’effet de la violence exercée par les coalitions politiques, souvent en relation avec des partenaires étrangers. Voir le sommaire.

François Bafoil est sociologue, directeur de recherche CNRS au Centre d’études et de recherches internationales (CERI). Il enseigne la sociologie du communisme et du postcommunisme dans le cadre du Premier Cycle de Sciences Po à Dijon, ainsi qu’ en Master à Sciences Po et à Berlin, au Centre international de formation européenne (CIFE). Voir ses publications.

 

Romain Bertrand publie « L’Histoire à parts égales »

L’Histoire à parts égales, Récits d’une rencontre, Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècle)
Romain Bertrand, CERI, Seuil

S’il n’a jamais été autant question d’«histoire-monde », c’est souvent la même histoire du monde qui s’écrit : celle de l’Europe et de son « expansion » en Afrique, en Asie et aux Amériques. Pour Romain Bertrand, il n’est d’autre remède à cet européocentrisme obstiné qu’une histoire à parts égales, tramée avec des sources qui ne soient pas seulement celles des Européens. C’est ce qu’il propose dans ce texte, en offrant le récit détaillé des premiers contacts entre Hollandais, Malais et Javanais au tournant du XVIIe siècle. Il montre que l’Europe ne détenait alors aucun avantage sur les sociétés du monde insulindien, que ce soit en matière de compétences nautiques et cartographiques, de grand négoce ou de technologies militaires. En savoir plus.

Prix
Pour cet ouvrage Romain Bertrand a reçu  le Grand Prix des Rendez-Vous de l’histoire 2012 et  le Prix du livre des Mémoires de la Mer 2013 décerné par le Centre International de la Mer.  Le Prix Mémoires de la Mer récompense un ouvrage explorant avec talent et originalité « les mondes de la mer ». Quel que soit le genre du livre, il doit ainsi présenter une ouverture originale sur la diversité des pratiques humaines liées à la mer et une mise en perspective historique des données.

Parmi les nombreuses recensions dans la presse :
Dans Le Monde des Livres du 29 septembre 2011, Patrick Boucheron, historien, débute sa critique de la façon suivante: « On ne se méfie jamais assez de son propre talent. Les dix premières pages du livre de Romain Bertrand sont si éblouissantes que certains risquent de s’en contenter. Car en peu de mots tout est dit : les ruses de l’européocentrisme qui nous font prendre pour radicalement autres les sociétés lointaines ; l’insuffisance d’une histoire du monde se réduisant à envisager l’Europe projetée au loin ou vue de loin ; le fait que cette « histoire globale » qu’on enseigne aujourd’hui est parfois aussi locale qu’un gentlemen’s club aux portes closes : elles s’entrouvrent lorsqu’il s’agit de s’enivrer d’enluminures persanes ou d’épices indiennes, mais se referment « dès qu’il est question de choses sérieuses »

Romain Bertrand est directeur de recherche au CERI. Spécialiste de l’Indonésie moderne et contemporaine, il a consacré de nombreux travaux à la question des dominations coloniales européennes en Asie du Sud-Est. Voir ses précédentes publications.

Le lourd héritage colonial en Afrique de l’Ouest

Et si le modèle colonial français expliquait l’actuel retard des pays francophones d’Afrique de l’Ouest ?

C’est à cette question que s’est intéressée Élise Huillery, enseignante et chercheuse au département d’économie. Selon elle, l’origine des inégalités de développement observées au sein même de l’ancien “pré-carré” français en Afrique résiderait, pour une large part, dans les logiques de l’investissement public colonial.
De fait, depuis leur indépendance certains pays francophones de l’Afrique de l’Ouest ont des performances bien plus faibles que d’autres : en 2009, le taux d’alphabétisation au Niger était de 29 % contre 61 % au Togo. Même constat dans le secteur de la santé ou dans le développement des infrastructures. Comprendre les raisons de cette « tragédie africaine » est essentiel pour y remédier et certaines études comparatives apportent d’ores et déjà quelques éléments de réponse. Mais la distinction entre colonisation anglaise et française ou la différence entre colonisation de peuplement et colonisation d’exploitation des richesses locales ne rendent pas pleinement compte des raisons de ces disparités.
Élise Huillery avance de nouvelles explications dans un travail publié en 2009 dans la revue The American Economic Journal – Applied Economics. Celui-ci porte sur l’impact à long terme des investissements publics coloniaux français en Afrique de l’Ouest.

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Elise Huillery joined the Department of Economics at Sciences Po in 2009. She holds a PhD in Economics from the Paris School of Economics, a MA in Management from HEC and a MA in Philosophy from the University of Paris-Sorbonne. Her research is mainly focused on applied microeconomics and development economics. She has done research on colonial history, inequality and development in West Africa. She joined J-PAL in 2008 and is currently conducting field experiments in health, education and micro-entrepreuneurship in Niger, Morocco, Cameroun, Congo and France.  See her publications.