Colloques d’arbitrage de Sciences Po – 27 mai 2013

« L’arbitrage international et le droit de l’Union européenne : un dialogue constructif ou une collision inévitable ? »

L’Union européenne et l’arbitrage international représentent deux des régimes juridiques internationaux les plus robustes. Pendant une très longue période, ils se sont développés de façon plutôt isolée, en étant guidés par leur propres « principes fondamentaux ». Cependant, des tensions importantes ont émergées entre le droit de l’Union européenne, d’un côté, et l’arbitrage commercial et l’arbitrage d’investissements, d’un autre.

Un premier ensemble de tensions, qui peut être raisonnablement géré, émerge de la notion extensive d’ordre public européen développée par la Cour de Justice de l’Union européenne, et du conflit entre celle-ci et le principe bien établi en droit de l’arbitrage que l’ordre public, en tant que moyen de défense à l’exécution d’une sentence arbitrale, doit être interprété de façon restrictive.

Mais lorsque les États membres de l’Union européenne invoquent leurs obligations issues du droit de l’Union en tant que moyen de défense aux réclamations faites par les investisseurs dans le cadre d’un arbitrage d’investissement, comme celle où un État prétend que le droit de l’Union européenne l’oblige à retirer une aide publique illégale, alors que l’investisseur avait compté sur cette aide pour investir dans cet État, ces tensions sont beaucoup plus problématiques.

On peut comprendre que la Cour de justice de l’Union européenne et les tribunaux arbitraux d’investissement soient inclinés à prioriser les régimes de manière différente, et que la décision finale incombe aux juridictions des États membres qui doivent obéir aux deux régimes.

Quel est le degré de tensions supportables ? Comment ces tensions peuvent-elles être résolues ? Et quel poids le traité de Lisbonne conférant compétence exclusive à l’Union européenne dans le domaine des investissements directs étrangers a sur leur résolution ?

Toutes ces questions seront abordées lors du prochain Colloque annuel d’arbitrage de l’École de Droit de Sciences Po.

Le sujet sera présenté par George A. Bermann (voir document de base pour la discussion: Arb Int 28-3 2012-G Bermann)

qui débattra avec

Emmanuel Gaillard

Catherine Kessedjian

Horatia Muir Watt

et

Diego P. Fernández Arroyo

Lundi 27 mai 2013, 17h00-19h00

Amphithéâtres A. Leroy-Beaulieu – A. Sorel

27, rue Saint Guillaume, 75007 Paris

Un cocktail sera offert par l’École de Droit à l’issue du colloque.

L’entrée est libre mais l’inscription est indispensable.

http://master.sciences-po.fr/droit/en/contenu/colloque-larbitrage-international-et-le-droit-de-lunion-europ-enne-un-dialogue-constructif-o

Pour toute demande de renseignement, merci de contacter

Cathy Grenier cathy.grenier@sciences-po.fr

 

La concurrence des procédures arbitrales

Séminaire doctoral d’Emmanuel Gaillard

Jeudi 31 janvier 2012 (12h30-14h30)
Sciences Po, Salle H101
28, rue des Saint Pères, 75007 Paris

Au thème de la concurrence du juge et de l’arbitre, rendu obsolète par l’acceptation croissante de la subsidiarité de l’intervention du juge dans le processus arbitral, s’est substitué, au cours des dernières années, un phénomène plus inquiétant de concurrence de procédures arbitrales entre elles. De plus en plus souvent, la même matière litigieuse est en effet l’occasion de plusieurs procédures arbitrales susceptibles d’aboutir à des résultats incohérents. C’est le cas lorsque plusieurs contrats, subordonnés les uns aux autres, n’ont pas vu leurs clauses compromissoires coordonnées. C’est également le cas lorsqu’un arbitrage commercial se double d’un arbitrage introduit sur le fondement d’un traité de protection des investissements (contenant ou non une clause de respect des engagements) ou lorsqu’un ou plusieurs traités de ce type donnent lieu à des procédures introduites par des acteurs différents mais ayant des intérêts liés. Ce sont les questions complexes, de procédure et de fond soulevées par l’ensemble de ces situations qui seront examinées à l’occasion de ce séminaire.

Voir: Invitation_Emmanuel Gaillard_31 janv

Le 6 et le 7 décembre : les dernières activités PILAGG du semestre

December 6th: Dina WAKED (SPLS)

Law, development and growth: The case of antitrust in developing countries (doctoral workshop), room A12, 27 rue Saint-Guillaume, 75007 Paris, 12:30pm-2:30pm

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Le 7 décembre : Emmanuel GAILLARD (SPLS)

Éléments de sociologie de l’arbitrage international, salle J208, 13 rue de l’Université, 75007 Paris (12h30-14h30)

 


HMW on Investment arbitration and Human rights

Is there not room for human rights before the arbitrator? Is the investment regime not subordinated to general international law? Might the interests of affected communities not be represented through amicus briefs, supported by ONGs?

These are some of the questions that Horatia Muir Watt addresses in this paper

HMW-Investment arbitration and Human rights

La gouvernance globale a-t-elle besoin d’une jurisprudence arbitrale ?

Le prochain séminaire de PILAGG, ensemble avec l’Ecole doctorale de Sciences Po, se tiendra autour du thème : ” La gouvernance globale a-t-elle besoin d’une jurisprudence arbitrale ?”

Jeudi 12 avril 2012 (12h30-14h30)

Sciences Po, 13 rue de l’Université, 75007 Paris, Salle du Conseil

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Le séminaire sera animé par le Prof. Diego P. Fernández Arroyo

  • L’arbitrage est devenu le moyen normal de résoudre les différends dans un large éventail de matières relatives au commerce et à l’économie globale. Même des questions affectant des intérêts généraux et, directement ou indirectement, les droits de l’homme sont aujourd’hui soumises à l’arbitrage.  Parallèlement, une partie importante de l’activité arbitrale, y compris les sentences qu’y en découlent, se maintient en dehors de la connaissance du public. Or, compte tenu des enjeux en présence et du rôle fondamental pris par l’arbitrage dans la résolution des litiges internationaux, la confidentialité qui l’a traditionnellement caractérisé, est de plus en plus mis en doute. Dans le cadre de l’arbitrage d’investissement – ainsi qu’en matière d’arbitrage du sport -, la tendance vers la transparence s’impose, nonobstant une certaine réticence politique et des obstacles techniques ou opérationnels pour sa mise en œuvre. Les tensions vécues au sein du Groupe de travail d’arbitrage de la CNUDCI qui essaie d’élaborer un instrument consacrant un standard de transparence pour les arbitrages des différends entre États et investisseurs en témoignent. La confidentialité semble même s’affaiblir en tant que « principe » dans le domaine de l’arbitrage commercial international.
  • Cela dit, l’accès au contenu des sentences arbitrales étant une conditio sine qua non pour la formation d’une jurisprudence arbitrale, n’est pas, évidemment, la seule condition nécessaire. En effet, si l’identification des précédents est parfois possible, l’autorité de ces précédents ne va pas de soi. La jurisprudence arbitrale resterait ainsi une « pseudo-jurisprudence », un cumul de tendances – souhaitables ou non – que les tribunaux arbitraux ont la totale liberté de suivre ou d’ignorer. Certes, la pratique arbitrale montre fréquemment une cohérence étonnante à portée universelle, ce à quoi il est très difficile d’aboutir dans la jurisprudence judiciaire. Cependant, dans des matières particulièrement sensibles, les contradictions entre tribunaux arbitraux sont souvent grossières. Dans ce contexte, nous voudrions nous demander si cette incohérence est inévitable ou, au contraire, inadmissible, en particulier concernant certaines matières. On sait – la réalité le met en évidence chaque jour – que les États continuent à avoir des approches différentes vis-à-vis l’arbitrage. Mais, sans sortir du « monde arbitral », la question est d’identifier le degré d’incohérence que l’arbitrage international peut se permettre lorsqu’il revendique son caractère de véritable ordre juridique et lorsqu’il est devenu l’usine distributrice de justice des grands différends privés et public-privés.