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Le « moi quantifié » sera-t-il l’ homme nouveau du XXIe siècle ?

objects-connectésLes « objets connectés » sont en train d’envahir notre quotidien : montre, lunettes, chaussettes, réfrigérateur et même arrêt de bus …. ! De plus en plus d’objets et de services sont décrétés ‘intelligents’ (smart) ou connectés et combinés à la révolution de traitement des ‘big data’, ils sont censés bouleverser notre vie quotidienne. Santé, urbanisme, transports devraient être impactés par ces nouveaux gadgets, sans parler même du marketing ou de l’éducation !

Avec les ‘wearables’, appareils « prêt-à-porter », on se rapproche de l’’informatique intime’, comme la nomme Idriss J. Aberkane dans le Point.

Les ordinateurs, en se miniaturisant, se sont de plus en plus rapprochés du corps humain, jusqu’à le pénétrer (pace-maker ou implants divers) …

A quoi vont nous servir tous ces capteurs qui nous entortillent comme une véritable toile d’araignée … Car le web n’est plus lointain ou dans les nuages, il est sur nous ou en nous ! La sécurité sociale peut sans problème dérembourser les médicaments ou réduire les prestations médicales : de nouvelles starts-up ont trouvé la solution, plus besoin de déranger le médecin ; une bague ou un bracelet connecté vont pouvoir mesurer le taux de sucre pour les diabétiques ou le nombre de pas que doit parcourir un obèse pour maigrir ! Chacun pourra surveiller son état physique à tout moment et apprécier les progrès qu’il aura pu réaliser. Le « quantified self » doit permettre de se jauger en continu.

Mais dans ces conditions, l’humain est-il encore acteur de ses décisions ou n’est-il qu’une partie de l’interaction, qu’un somme de données reflétées dans les capteurs ? Ce ‘moi quantifié’ est-il toujours un sujet ou la somme de tronçons physiques ou psychiques, qui s’imbriquent dans des états physiologiques et des comportements ? Des « dividuels » comme les nomme Alain Damasio dans son roman de science-fiction « La zone du dehors » ?

Sans évoquer les problèmes éthiques et juridiques que posent déjà la gestion et le traitement de ces milliards de données plus que personnelles (santé, comportement, émotions, etc …) qui transitent forcément sur les « nuages » de grandes entreprises multinationales … Depuis quelques semaines, on ne compte plus le nombre de piratages effectués sur les données de santé … !

Olivier Ertzscheid démontre dans son post du 17 septembre 2014 « Vous prendrez bien deux doigts de digital ?» comme l’humain perd progressivement le pouvoir en passant de l’index du web 1.0 (lien hypertext) au pouce levé (Like) du web social, pour perdre complètement la main dans le « World wide wear » et l’internet des objets …. ! Le pouce et l’index permettaient l’activité de préhension nécessaire pour toute interaction. Tandis qu’avec les objets connectés, apparaît « une forme d’appréhension qui vient de l’incapacité de « préhension » et donc de « com-préhension ». Car pour com-prendre le numérique, il nous faut le prendre « ensemble » » (ibid). 05894964-photo-illustration-objets-connectes

Pourtant, d’après le rapport « The Wearable Future », de PWC d’octobre 2014, 20% d’Américains posséderaient déjà des objets connectés, et le succès pour ces appareils ne devrait que croître, surtout parmi les « millenials » (jeunes nés autour de l’an 2000). Même si sur l’échantillon analysé (1000 personnes), 33% de ces « adopteurs précoces » n’utilisent plus ou très peu ces objets (bandeaux, bracelets) et plus de 80% s’inquiètent de l’impact de cette technologie sur leur vie privée et sur les brèches possible de sécurité qu’ils pourraient comporter, plus de 50% de ces consommateurs sont plutôt favorables à l’avenir des wearables … Ils soulignent trois avantages dans cette technologie : la sûreté, notamment en ce qui concerne les enfants, une vie plus saine grâce aux exercices organisés par ces objets, et enfin leur simplicité et facilité d’usage …

Mais que faire de toutes ces données recueillies par ces appareils (qui communiquent entre eux, sans forcément en informer le sujet …) et qui peut les interpréter ? C’est la question que se pose Marie-Julie Catoir-Brisson dans son article « Du moi quantifié au corps comme objet connecté » : est-ce aux médecins à gérer ces informations provenant des patients, ce qui risque de remettre en cause la relation médecin patient … D’autant plus que « presque tous ceux qui ont utilisé ces appareils déclarent qu’ils ont modifié leurs habitudes d’une manière ou d’une autre (5).» Ce qui signifie que l’usage de ces objets connectés au quotidien transforme le rapport de l’individu à son propre corps et surtout à sa représentation. » (ibid).

L’étude de Goldman Sachs de septembre 2014 « The Internet of Things : making sense of the next mega-trend » examine les enjeux impliqués par les 28 milliards d’objets connectés à l’horizon 2020. Le rapport identifie cinq champs d’adoption : les « wearables », les voitures connectées, les maisons (domotique), les « villes intelligentes «  (smart cities) et enfin l’industrie, les transports, l’énergie et la santé. Cinq caractéristiques définissent aussi cette nouvelle technologies, résumés par l’acronyme S-E-N-S-E : Sensing (les capteurs) : température, pression, accélération ; Efficient : ajoute de l’intelligence aux processus ; Network : connecte les objets au réseau qui passe du ’Cloud computing’ au ‘fog computing’ (brouillard, buée), à la logique plus floue … ; Specialized : processus spécifiques et fragmentation ; Everywhere : ubiquité et présence ‘pervasive’. Les entreprises vont se concentrer sur ces nouveaux produits comme source de revenus grâce aux économies d’échelle et à la productivité. Mais il va falloir mettre en place les infrastructures nécessaires pour ce nouveau système : wifi, plateformes, applications, etc., avec les smartphones comme interfaces privilégiées … !
Là encore, l’étude met en garde sur les risques d’atteintes à la vie privée et les failles de sécurité …objets-connectes

A ce propos, la « Working party » sur la protection des données personnelles de l’Union européenne a émis une « Opinion sur les récents développements de l’internet des objets » adoptée le 16 septembre 2014. Tout en se réjouissant des avantages que cette technologie apportera aussi bien à l’industrie qu’aux citoyens européens, la WP29 rappelle qu’elle doit respecter la vie privée et s’inquiète des défis de sécurité qui sont associés à l’Internet des objets. La vulnérabilité de ces appareils, souvent déployés en dehors des structures traditionnelles de l’industrie de l’information, révèle un manque de sécurité dans leur construction (perte de données, infection de virus, accès non autorisé aux données personnelles, usages intrusif des ‘wearables’). Pour cela, elle propose d’incorporer le maximum de garanties dans ces objets et recommande aux usagers de garder un contrôle complet de leurs données personnelles …

 

Aberkane, Idriss J. – Demain, l’informatique intime. – Le Point, 15/08/14

Catoir-Brisson, Marie-Julie. – Du « moi quantifié » au corps comme objet connecté. – Métamorphoses des écrans, 23/08/14

The Internet of Things : makinge sense of the next mega-trend. –  Goldman Sachs Report, 03/09/14

The language of the Internet of Things. – The Economist, 06/09/14

Ertzscheid, Olivier. – Vous prendrez bien deux doigts de digital ?. – Affordance.info, 19/09/14

Opinion 8/2014 on the recent developments of the Internet of Things/ Article 29 Data Working Party. – Europa.eu, 16/09/14

Bonnet, Florence. – Big Data, objets connectés : il faut protéger le « prosommateur ». – Journal d u Net, 30/09/14

Wearable Technology Future is ripe for growth. – Pwc, 21/10/14

Guillaud, Hubert. – Dans un monde de smartphones, les gadgets doivent s’adapter. -InternetActu, 14/01/15

Au tribunal de l’internet ! Données de santé : les conditions de leur partage. – Le Point, 23/03/15

 

 

Données personnelles : entre utilisation et protection : où en sommes-nous dans la gestion du « pétrole du 21e siècle » ?

1639802-donnees-personnelles-internet-a-besoin-d-un-bouton-effacer-selon-eric-schmidtDepuis quelques mois, une certaine paranoïa s’est emparée de nombre de citoyens utilisant les services en ligne, surtout à partir de terminaux mobiles. Des ‘portes dérobées’ (back doors), cachées dans leurs appareils, donneraient accès à des informations confidentielles à des organismes publics (services secrets) ou privés (« géants du Net »). Les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance électronique massive de la NSA à travers un système auquel personne n’échappe, pas même la chancelière allemande ou la présidente du Brésil, ont amplifié ce phénomène …

Mais que représentent ces fameuses données que les pouvoirs économiques et politiques se disputent ? Comment sont-elles collectées et traitées, de même que les métadonnées qui les accompagnent ?  Peut-on les protéger tout en participant à l’univers numérique ?

La plupart du temps, nous donnons nous-même ces informations au système d’exploitation de l’appareil ou aux différentes applications auxquelles on s’abonne. Il en va de même pour les métadonnées : géolocalisation, contacts téléphoniques, réseaux personnels ou professionnels à travers les différents réseaux sociaux. Nos centres d’intérêts et nos goûts s’affichent aussi sur les médias sociaux …

La préoccupation de la protection des informations confidentielles dans les systèmes informatiques ne date pas d’hier. En France, la loi « Informatique et liberté » remonte à 1978 et a été à l’origine de toutes les CNIL européennes ! Une dernière mise à jour de cette loi précise les conditions d’utilisation des techniques biométriques.

Mais le traitement de ces données peut aussi s’avérer positif, comme dans le cas d’applications de e-santé qui permettent de surveiller un certain nombre d’indicateurs physiologiques (glycémie, cholestérol, tension artérielle, etc.). Ou alors, comme l’affirme Alex Pentland, professeur d’ingénierie sociale au Medialab (MIT), permettre une amélioration des relations sociales par une observation de tous les flux d’informations échangés par des individus à l’intérieur d’une communauté. C’est ce qu’il explique dans un entretien au Spiegel « Le Big data est à l’étude du comportement social ce que le microscope était à l’étude des bactéries. Pour construire une meilleure société, on a besoin d’une représentation complète des interactions sociales. » ! Évidemment, ce traitement se fait avec l’autorisation des personnes impliquées, mais cette intrusion dans l’intimité des gens semble assez osée même pour une cause aussi philanthropique ! Ce chercheur pense que la meilleure façon de les protéger est de partager les données à travers un « New Deal » des données !

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En matière de e-santé, la CNIL envisage aussi de labelliser les applications mobiles pour inciter les éditeurs à informer les consommateurs sur l’utilisation de leurs données personnelles. Car avec l’’internet des objets’ tout le monde va pouvoir surveiller et contrôler tout le monde si l’on n’y prend pas garde … !

Le scandale de la surveillance généralisée du système Prism mise en place par la NSA a fonctionné comme un électrochoc dans nos sociétés mondialisées et connectées. La plupart des démocraties a voulu prendre ses distances avec l’espionnage américain et les multinationales (américaines) de l’internet. Au sein de l’Union européenne, la France et l’Allemagne en renforçant leurs réglementations, mais aussi à travers une décision de la Cour européenne de Justice reconnaissant le droit à l’oubli face aux informations remontées par le moteur de recherche Google. La protection des données personnelles représente aussi un des enjeux de la négociation du Grand Traité Transatlantique.  En France, le futur projet de loi numérique devrait traiter de ces aspects, notamment en encadrant mieux le régime juridique des services de renseignements (Rapport du Sénateur J.P Sueur).

Mais ces précautions juridiques ne vont pas empêcher l’industrie de l’information de puiser dans le nouvel Eldorado constitué par le Big Data dans lequel les données personnelles sont loin de représenter la portion congrue … C’est ce prévoit le Pew Research Internet Project dans son étude prospective sur l’internet des objets en 2025. La prolifération de capteurs ‘intelligents’, caméras de surveillance, logiciels, bases de données et data centers massifs vont produire dans le monde entier un environnement informatique invisible et omniprésent. Accompagnées par les produits de la ‘réalité augmentée’ que l’on portera sur soi comme les lunettes Google, montres ou vêtements intelligents, toutes ces données seront indexées (tags) et analysées par des experts de l’ingénierie sociale pour des « data brokers ». Comme l’indique un rapport de la Federal Trade Commission, cité par Slate  « Les “data brokers” collectent les données de consommateurs à partir de sources en ligne et en dehors, très généralement sans que ces consommateurs soient au courant. Ils classent tout, des achats en ligne, à l’activité sur les médias sociaux, en passant par les contrats d’assurance, les abonnements aux magazines, les tendances religieuses et politiques, et d’autres détails du quotidien de ces consommateurs. » C’est pourquoi la FTC recommande au Congrès un plus grand contrôle de ces activités pour protéger les consommateurs. donnees-persos-111705

La Commission européenne est aussi préoccupée par ces intrusions massives dans la vie privée et même par les « effets secondaires » impliqués par les les procédures d’identification et d’authentification.  Elle a confié à une équipe de recherche le projet ABC4Trust (Attribute-based Credentials for Trust), financé par l’UE, qui protège l’identité des personnes tout en préservant la sécurité des systèmes. Désormais, pour se connecter au site de sa banque, au lieu de s’identifier avec des informations personnelles, on utilisera une sorte de certificat (attribut) qui permet de s’identifier sans risques. Des pilotes de ce projet sont actuellement testés sur des étudiants en Suède et en Grèce.

Le secteur de la e-sécurité devrait se développer en même temps que le Big Data, mais les consommateurs semblent faire plus confiance aux logiciels libres qu’aux systèmes propriétaires !

Données personnelles : la directive européenne s’applique à Google Inc.  – Legalis, 13/05/14

Léonard, Thierry ; Wéry, Etienne. – Arrêt Google : la Cour de justice a-t-elle condamné à mort les moteurs de recherche. - Droit & Technologies, 15/05/14

Monnier, Cécile. – TAFTA et la protection des données personnelles : les enjeux cachés de l’élection européenne. – Blog Médiapart, 16/05/14

Les données numériques : un enjeu d’éducation et de citoyenneté. - Conseil économique, social et environnemental, 19/05/14

Isabelle Falque-Pierrotin : « Je ne crois pas du tout à la fin de la vie privée ». – Le Monde, 19/05/14

La CNIL envisage de labelliser les applications de santé. - TICSanté.com, 19/05/14

Vion-Dury, Philippe. – Et si l’internet des objets était une mauvaise chose pour nous ? - Rue 89, 19/05/14

Anderson, Janna ; Rainie, Lee. – The internet of things will thrive by 2025. - Pew Research Internet Project, 14/05/14

Interview with Alex Pentland : Can we use Big Data to make society Better ? - Spiegel.de, 10/05/14

Manach, Jean-Marc. – DGSE/Orange : Joue-la comme Super-Dupont (#Oupas).Bug Brother – Blog Le Monde, 20/05/14

Sénécat, Adrien. Les ruses de Facebook, Google et Netflix pour récupérer vos données personnelles. – L’Express, 20/05/14

Kerry, Cameron F. – Missed connections : Talking with Europe about data, privacy and surveillance. - Brookings, 20/05/14

Cuny, Delphine. –  Un an après Snowden, la France envisage de mieux encadrer l’utilisation des données. - La Tribune, 22/05/14

Méta-objets du méta-monde. –  Affordance info, 25/05/14

Rethinking Personnal Data : a new lens for strenghening trust. – Prepared in collaboration with A.T. Kearney – World Economic Forum – Industry Agenda, May 2014

Gorce, Gaëtan (auteur de la proposition de loi). – Techniques biométriques. – Sénat, 27/05/14

La sécurité et la confidentialité : désormais les deux peuvent aller de pair. – Commission européenne – Cordis, 27/05/14

Jourdan, Camille. – Certaines de vos données sont aspirées par milliards, et non Google et Facebook n’y sont pour rien. – Slate, 28/05/14

 

 

 

L’exploitation des données : un secteur très prometteur ….

« Quand je serai grand, je ferai du commerce de données personnelles ! » Cette remarque ironique exprimée dans l’émission néanmoins sérieuse de France 5 sur le numérique, le « Vinvinteur« , résume assez bien l’importance que prennent ces nouvelles ressources.

Les données, personnelles ou publiques, sont devenues le nouvel « or noir » du 21e siècle ! Celles que l’on appelle le « Big data » sont maintenant extraites en très grande quantités dans les flux des réseaux sociaux et des très nombreuses communications qui s’échangent sur la Toile.

Comme le souligne Michel Vajou dans la dernière Dépêche du GFII, IBM, grâce à son dernier outil, le Social Media Analytics va pouvoir analyser et synthétiser de très gros volumes de données issues des réseaux sociaux. Contrairement à ce qui se passait précédemment, ces données ne sont pas « propriétaires », elles n’appartiennent pas à des entreprises qui les auraient consolidées et structurées dans des entrepôts, ce sont des données ouvertes, transitant par des réseaux ouverts.
Grâce à ce service, les grandes marques de consommation pourront connaître les avis et les réactions (‘sentiment analysis’) des consommateurs sur leurs produits.

Mais les données ne se trouvent pas seulement sur les réseaux sociaux. On les détecte aussi à partir des objets qui nous entourent, à commencer par le smartphone, notre ‘double’ numérique, si l’on en croit Dominique Boullier et son projet Habitele.
Dans le cadre d’une recherche globale sur ‘smartphone et vie privée’, la CNIL s’est associée à l’INRIA avec le projet « Mobilitis ». Celui-ci consiste à analyser en profondeur les données personnelles enregistrées, stockées et diffusées par le smartphone. En constituant une expérience ‘in vivo’ sur un nombre limité de personnes (6 iPhones) et d’applications (géolocalisation, photos, carnet d’adresses et identifiants téléphone), les chercheurs comptent pouvoir répondre à un certain nombre de questions vitales pour la vie privée des utilisateurs : qui accède à l’identifiant unique de l’appareil, à la localisation, au carnet d’adresse, etc.
De nombreuses applications récupèrent, par exemple, l’identifiant unique Apple du téléphone (UDID), qui ne peut pas être modifié par l’utilisateur. Apple a annoncé que cette situation va bientôt être modifiée, mais en attendant de nombreux acteeurs (développeurs d’applis) sont destinataires de ces données, invisibles pour l’utilisateur …!
La CNIL souhaite développer l’accompagnement de ces acteurs pour qu’ils intègrent les problématiques « Informatique et Libertés » dans une démarche « Privacy by Design ».

Mais le smartphone n’est pas le seul ‘mouchard’ de notre environnement numérique, bientôt d’autres objets rempliront cette fonction pour le plus grand bonheur de l’Intelligent Business’. Votre voiture pourra renseigner l’assureur sur vos habitudes de conduites, ou votre frigo intelligent déduira vos croyances religieuses à partir de vos habitudes alimentaires … Déjà nos liseuses nous trahissent ! Amazon prévient ses acheteurs de Kindle : outre les données pratiques (mémoire disponibles, historique des connexions, puissance du signal), le logiciel fournit aussi des informations sur le contenu numérique (la dernière page lue, les annotations, les signets, les passages surlignés, etc. .). Lire des e-book génère donc des informations pour les éditeurs et les distributeurs …! On pourra savoir quels lecteurs abandonnent un texte et lesquels finissent leurs livres … Et surtout les différentes formes de lecture par type de document (essai, fiction, poésie, etc.).

L’analyse des flux de Twitter a déjà permis de prédire le résultat d’élections de vedettes dans une émission de télé-réalité, style « Nouvelle Star » aux Etats-Unis. En recueillant des données très détaillées sur le comportement social des téléspectateurs sur Twitter pendant l’émission, des chercheurs de la Northeastern University de Boston ont démontré que l’élimination des concurrents pouvait être anticipée… Les données de géolocalisation ont semblé jouer un rôle non-négligent dans cette analyse, car on a pu déceler l’influence importante de l’origine géographique des participants sur le vote.

Une activité importante se dessine pour les années à venir dans l’exploitation de cette nouvelle ressource, notamment dans le secteur de la publicité ciblée et du commerce en ligne. Mais il ne faudrait pas que ces pratiques lèsent la source même de ces données : les personnes physiques : en fait vous, moi, n’importe qui un tant soit peu connecté aux outils et aux réseaux numériques !
D’où l’importance du combat pour la protection des données personnelles, aussi bien au niveau national, qu’européen et international.

Y-a-t-il une menace Internet ? Le gros t’chat avec Xavier de La Porte : entretien par Jean Marc Manach. – Le Vinvinteur, France 5, 18/05/13

Vajou, Michel . – Big Data : quand IBM décrypte les messages sur les réseaux sociaux. – La Dépêche du GFII, 22/05/13

Léonard, Clara. – Big Data : quand IBM décrypte les messages sur les réseaux sociaux. – ZDNet, 17/05/13

Guillaud, Hubert. – Big Data, la nouvelle étape de l’informatisation du monde. – InternetActu, 14/05/13

Pouilly, Denis. – L’internet des objets, le prochain chantier de la confidentialité des données. – Regards sur le numérique, 18/04/13

Voyage au cœur des smartphones et des applications mobiles avec la CNIL et Inria. – CNIL, 09/04/13

Lang, Daniel ; Pillet, Jean-Luc. – Menaces des TIC : données privées et comportement des utilisateurs. – Infosec – Université de Genève (Suisse).

Pépin, Guénaël. – La CNIL veut peser dans le débat européen sur la vie privée. – Le Monde, 23/04/13

Data : le nouvel or noir : dossier. – Inriality, 28/01/13

Alerte : notre vie privée bientôt détruite à Bruxelles. – La Quadrature du Net, 22/01/13

Habitele

Twitter data crunching the new crystal ball. – Science Blog, 30/08/12

Beuth, Marie-Catherine. – Lire des ebooks génère des données pour les éditeurs. – Étreintes digitales – Le Figaro, 02/07/12

Carte d’identité : la biométrie s’impose avec une base de données centrale …

Le 6 mars, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la Proposition de loi relative à la protection de l’identité. La nouvelle carte d’identité numérique comprend comme le passeport, des données biométriques (taille, couleur des yeux, deux empreintes digitales et une photo).
Ces données personnelles seront conservées dans un fichier central, le TES (Titres électroniques sécurisés, ou « fichier des gens honnêtes »).
La proposition de loi prévoit aussi l’exploitation des empreintes digitales à des fins de police judiciaire, notamment dans le cadre de recherche sur l’usurpation d’identité.

La CNIL avait déjà réagi en octobre 2011, en publiant une Note d’observations concernant la proposition de loi relative à la protection de l’identité. Elle rappelle que « les données biométriques ne sont pas des données à caractère personnel comme les autres » : la donnée biométrique n’est pas « attribuée par un tiers ou par la personne elle-même, elle est produite par le corps lui-même ». Certaines données « à trace » comme les empreintes digitales, peuvent même être capturées à l’insu de la personne …

Mais si la Commission trouve légitime ces dispositifs de reconnaissance biométrique, du moment que les données sont conservées sur un support individuel, détenu par la personne elle-même, en revanche, la position de la CNIL est très claire sur la mise en place d’un fichier central biométrique : « si légitimes soient-elles, les finalités invoquées ne justifiaient pas la conservation, au plan national, de données biométriques telles que les empreintes digitales et que les traitements ainsi mis en oeuvre seraient de nature à porter une atteinte excessive à la liberté individuelle. »

Les dimensions importantes de cette base de données centralisée multiplie les risques et impliquent une sécurisation technique complexe. La Commission propose des mesures alternatives de lutte contre la fraude qui sont tout aussi efficaces, tout en étant respectueuses de la vie privée des personnes : sécurisation des documents « sources » pour produire les titres d’identité, vérification des données d’état civil, etc. Elle préconise aussi l' »absence de lien univoque » entre les données biométriques du fichier central et les données d’état civil des personnes auxquelles elles correspondent.

Une autre puce RFID, optionnelle celle-ci, est prévue pour une authentification à distance dans le cadre de démarches administrative ou de e-commerce. La encore, la CNIL trouve cette préoccupation légitime, contrairement à Jean-Claude Vitran de la Ligue des Droit de l’homme « Une carte d’identité n’est pas un moyen de paiement », mais elle met en garde contre les dangers de « traçage » des individus : « de telles fonctions électroniques appellent des garanties particulières, dans la mesure où elles pourraient permettre la constitution d’un identifiant unique pour tous les citoyens français ainsi que la constitution d’un savoir public sur les agissements privés. » La Commission estime que de telles fonctionnalités doivent s’accompagner de « mécanismes dits de divulgation partielle ou sélective », c’est-à-dire que seules les données nécessaires aux transactions seront communiquées.

Le risque avec les puces RFID, c’est qu’elles peuvent fonctionner « sans contact », donc à distance, et qu’elles pourraient ainsi être piratées …
D’après Owni, le Ministère de l’intérieur à récemment reconnu que 10% des passeports biométriques en circulation seraient des faux !
Dans ces conditions, on se demande à quoi peuvent servir toutes ces mesures de « sécurisation » ….


Contestée, la carte d’identité biométrique a été définitivement adoptée
par Laurent Borredon, Le Monde, 07/03/12

L’Assemblée nationale a voté le fichage intégral de la population française
par Pierre Piazza, Maître de Conférences en Science politique à l’Université de Cergy-Pontoise, Le Monde, 06/03/12

Carte d’identité : déjà en haut de la fiche
Libération, 18/02/12

Le fichage « d’honnêtes gens » adopté par l’Assemblée nationale
par Hélène Puel, O1Net, 02/02/12

Fichier central des « gens honnêtes » : l’Assemblée vote oui
ZDNet, 03/02/12

Fichez les tous !
par Jean-Marc Manach, Owni, 01/02/12

Le fichier des « gens honnêtes » repasse à l’Assemblée
Bug Brother, Blogs Le Monde, 13/12/11

La future carte d’identité biométrique : entre fichage généralisé et business juteux
par Agnès Rousseaux, Basta !, 12/12/11

La nouvelle carte d’identité biométrique pour 2012
Protégez-vos données.fr, 12/07/11

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